La Journée de l’Europe et la Regina Europeana
04.05.2026 / 11:59 | Aktualizováno: 04.05.2026 / 12:03
La Journée de l’Europe possède une histoire étonnamment forte et personnelle, qui remonte jusqu’au Luxembourg. Chaque année, le 9 mai, nous commémorons le moment où a commencé à s’écrire l’histoire moderne de la coopération européenne. C’est en effet à cette date, en 1950, que Robert Schuman – originaire du quartier de Clausen à Luxembourg et ancien citoyen luxembourgeois – a présenté sa célèbre déclaration. Il y proposait de mettre en commun la production de charbon et d’acier, matières premières essentielles de l’industrie de l’armement de l’époque, afin de rendre les États européens si étroitement interdépendants que la guerre entre eux deviendrait pratiquement impossible.
Robert Schuman a grandi dans un environnement typiquement luxembourgeois, multilingue et multiculturel, qui a façonné sa capacité à rechercher le compromis et la compréhension entre les nations. Il n’est donc pas surprenant qu’il soit devenu l’un des pères de l’intégration européenne. Sa proposition a conduit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, ancêtre de l’actuelle Union européenne.
La Journée de l’Europe n’est donc pas seulement le souvenir d’un discours, mais aussi un symbole de paix, d’unité et de valeurs communes qui sont devenues, après la Seconde Guerre mondiale, les fondements du projet européen. Dans de nombreux pays, le 9 mai est célébré par des manifestations culturelles, des journées portes ouvertes des institutions européennes et des débats sur l’avenir de l’Europe – et le Luxembourg y joue un rôle particulier en tant que pays natal de l’homme qui a contribué à faire naître cette idée.
La Regina Europeana, également connue sous le nom de Europa Regina, est l’un des exemples les plus remarquables de la cartographie symbolique de la Renaissance. L’Europe y est représentée sous la forme d’une élégante reine : la péninsule Ibérique constitue sa tête couronnée, les Pyrénées son cou, la France et l’Allemagne son buste, et la Bohême – Bohemia – représente le cœur même de l’Europe.
Ce type de carte est apparu au XVIe siècle, et Adam de Veleslavín, important humaniste tchèque, éditeur et auteur d’ouvrages encyclopédiques, a repris ce motif et l’a rendu accessible au public tchèque par ses publications. L’activité éditoriale de Veleslavín se distinguait par son exigence en matière d’éducation, d’ouverture européenne et de qualité graphique – c’est pourquoi la Regina Europeana est devenue une partie naturelle de son répertoire. Son imprimerie était l’un des centres majeurs de la culture humaniste dans les pays tchèques, et la diffusion de cette allégorie cartographique s’inscrivait dans le contexte plus large de la pensée de la Renaissance, qui soulignait l’unité de l’Europe ainsi que son identité culturelle.
La Regina Europeana n’est donc pas seulement une carte curieuse, mais aussi une représentation symbolique de l’Europe comme un ensemble harmonieux, dans lequel les terres tchèques occupent une place importante. L’interprétation de Veleslavín rappelle encore aujourd’hui la manière dont la cartographie de la Renaissance a su unir géographie, politique et art en une seule image saisissante.
