La technologie tchèque au service de l’enseignement sénégalais: Prusa Research et le développement de l’impression 3D à l’Université Gaston Berger
04.02.2026 / 17:09 | Aktualizováno: 04.02.2026 / 17:18
Un petit projet local consacré à l’impression 3D, mené en partenariat avec le CROUS Université Gaston Berger à Saint-Louis, montre comment une initiative ciblée peut devenir un outil concret de formation technique. Avec l’appui de l’entreprise tchèque Prusa Research, un atelier d’impression 3D pleinement opérationnel a vu le jour à l’université, ouvrant aux étudiants et aux enseignants de nouvelles perspectives en matière de recherche appliquée, d’innovation et de réponses à des besoins locaux, en phase avec les priorités de la transformation numérique du Sénégal.
Les petits projets locaux constituent un instrument de coopération internationale pragmatique : ils permettent de répondre à des besoins précis des partenaires tout en testant, à échelle maîtrisée, des solutions technologiques directement utilisables. À Saint-Louis, le projet conduit avec le CROUS de l’Université Gaston Berger visait l’introduction de l’impression 3D dans le milieu universitaire comme levier de formation technique et d’apprentissage par la pratique. L’objectif était de créer un atelier fonctionnel et de renforcer les compétences des étudiants et des enseignants en modélisation numérique, en outils de conception assistée par ordinateur (CAO) et en fabrication additive. L’initiative s’inscrit naturellement dans la Stratégie numérique pour l’éducation 2025-2029 et dans le cadre du New Deal Technologique, qui mettent l’accent sur le développement de compétences techniques et numériques à forte valeur d’usage.
En tant que partenaire technologique, Prusa Research a fourni trois imprimantes 3D, les consommables nécessaires et un programme de formation spécialisé à destination du personnel et des étudiants. Les ateliers, résolument pratiques, ont permis aux participants d’assembler eux-mêmes les imprimantes à partir de kits, puis d’en maîtriser l’exploitation et la maintenance. « Nous avons été agréablement surpris par le niveau technique des participants, dont beaucoup disposaient déjà de bases solides en CAO et sur le logiciel Fusion 360 », souligne Jiří Průša de Prusa Research. Les sessions se sont concentrées sur des scénarios d’usage concrets : fabrication de composants techniques simples, prototypage pour des structures de santé ou encore production d’éléments destinés à de petites infrastructures publiques.
Le projet a été officiellement clôturé fin octobre lors d’une cérémonie organisée sur le campus, en présence des responsables universitaires, des étudiants et des partenaires tchèques. Au-delà de sa dimension symbolique, cette rencontre a confirmé la valeur du projet comme référence de coopération technologique susceptible d’être approfondie dans les sphères académique, de la recherche et, à terme, commerciale. L’association d’une pédagogie orientée vers la pratique, d’une technologie éprouvée et de l’expertise d’une entreprise tchèque crée des conditions favorables à de nouvelles collaborations : formations complémentaires, développement de laboratoires spécialisés ou intégration de l’impression 3D dans des projets sectoriels, notamment dans la santé, le bâtiment ou la petite production locale.
La dynamique engagée se poursuit au-delà de la phase initiale. Étudiants et enseignants restent en contact régulier avec les experts de Prusa Research et, en janvier, une première réunion de suivi en ligne a permis de présenter les résultats des travaux menés de manière autonome. Les participants sénégalais y ont notamment montré des pièces fonctionnelles déjà produites — comme des supports de câbles — ainsi que des prototypes en cours de développement pour des usages alimentaires et médicaux. Les échanges ont également porté sur les aspects techniques, l’optimisation de l’utilisation des matériaux et la planification des prochaines étapes, y compris la question de la viabilité économique à moyen terme de l’atelier. « Je me réjouis de voir que les imprimantes sont utilisées de manière intensive et que l’enthousiasme des participants ne s’est pas essoufflé après la formation », ajoute Anna Dupalová de l’Ambassade de la République tchèque à Dakar.
Ce projet illustre ainsi comment l’impression 3D peut dépasser le cadre d’une simple activité pédagogique pour devenir un élément durable de l’écosystème technique universitaire. Il met aussi en lumière le potentiel des universités sénégalaises comme espaces de coopération où se rencontrent formation, recherche appliquée et usages concrets des technologies numériques, au bénéfice des étudiants comme du développement local.
Autrice : Anna Dupalová, diplomate économique, Ambassade de la République tchèque à Dakar
